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les principes énoncés
le
bateau
Charges favorables à
l'emploi
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Le bateau
Nous sommes tous sur le même bateau. Nous aurions
tout intérêt à nous entendre, car la traversée
est longue, et nous sommes liés par le même sort. Au lieu
de nous battre sans cesse, nous devrions tous oeuvrer pour une meilleure
économie, pour un meilleur environnement, pour une plus grande
équité, base d'une bonne entente sociale..
Imaginons que la France soit un immense voilier, un des plus beaux voiliers
qui navigue sur les océans et qui commerce avec tous les pays du
monde. A bord, les marins des autres bateaux le confirmeront, la vie est
plus belle qu’ailleurs. La sécurité, la liberté,
le niveau de vie, la protection sociale, le système de soins servent
parfois de modèle aux autres navires. Mais il y a quand même
un problème (qui n’est pas particulier au bateau France,
bien au contraire). Sur 20 personnes, 10 sont ou en formation dans le
système éducatif ou à la retraite. Parmi les 10 autres
qui forment la population active 2 ou 3 n’ont pas de travail ou
pas de travail régulier. Ils sont soit chômeurs, soit indemnisés
au titre de l’insertion, soit dispersés dans des formations
qui n’aboutiront à rien, soit ballottés de petits
boulots en contrats de travail de courte durée. Parmi les travailleurs,
tous ne sont pas à la même enseigne. Certains travaillent
15, 20, 30, 40 ou 60 heures. Beaucoup sont stressés, au bord de
la dépression. En haut de la pyramide les catégories socioprofessionnelles
les plus élevées vivent fort bien avec des revenus confortables
et des patrimoines qui les mettent à l’abri. Encore au dessus
les propriétaires du bateau perçoivent des revenus inimaginables
et possèdent des fortunes les garantissant sur plusieurs générations
contre tout retournement économique. Ils ont des revenus de leur
travail et des revenus de leur propriété.
Pour éviter toute explosion populaire, le système social
permet de transférer des revenus vers les exclus en leur assurant
un revenu minimum, au seuil de la pauvreté.
Mais…. Cette population ni active ni inactive déplait à
tout le monde. Les étudiants y voient un motif de désespérance.
Ils doutent de leur capacité à intégrer le monde
du travail. Les actifs les considèrent comme des poids supplémentaires
qu’ils doivent financer. De plus ces gens là gênent
au moment des manoeuvres. Les chefs d’entreprises les considèrent
comme des mauvais exemples pour les travailleurs et se plaignent des charges
engendrées par leur indemnisation. Les exclus eux-mêmes ne
sont pas satisfaits. Ils doutent de tout et d'abord d'eux même.
Chez les plus jeunes se développe la délinquance. Beaucoup
perdent totalement confiance en eux.
Peu à peu des idées meurtrières germent dans les
esprits. Quelques uns voudraient les jeter à la mer. D’autant
plus que, souvent, on les reconnaît par la couleur de leur peau
ou leur pratique religieuse. Le bel équilibre est prêt à
imploser.
Les hommes politiques proposent des solutions qui n’ont jamais eu
de vrais effets. Certains prônent la précarisation du travail
qui libèrerait les chefs d’entreprise. D’autres insistent
sur la formation comme s’il était établi que les chômeurs
sont moins intelligents ou moins formés que les travailleurs. Tous
ceux qui occupent un poste de travail ne sont pas forcément des
lumières. D’autres enfin pensent qu’il faut changer
complètement le système économique et qu’il
vaut mieux tout casser pour repartir à zéro.
Le solidarisme.
La proposition solidariste est simple dans sa conception
et relativement simple dans son application. Le seul inconvénient
c’est qu’elle bouscule quelques idées bien établies.
Sur un bateau solidariste, chaque salarié peut devenir propriétaire
d’une part du bateau s’il s’en donne les moyens et ainsi
profiter, pour partie, de revenus des capitaux et participer aux décisions.
Il serait aidé en cela par un nouveau marché financier qui
prendrait en grande partie en charge le financement du navire et le risque
qui y est lié.
Sur un bateau solidariste le chômage disparaîtrait car la
fiscalité inciterait les entreprises, et surtout celles qui gagnent
beaucoup d’argent, à partager le travail sur un plus grand
nombre de salariés pour faire baisser leurs charges. Le financement
global de cette intégration des chômeurs dans le monde du
travail existe. Il est à prendre pour partie dans l’indemnisation
des chômeurs et pour partie dans la valeur ajoutée même
minime que ces nouveaux travailleurs produiront.
Sans chômage la sérénité reprend le dessus.
Tous participant à la bonne marche du bateau, les navigateurs peuvent
progresser plus vite. La production est améliorée, la consommation
est plus soutenue, les entreprises, moins alourdies par les charges sociales,
sont plus compétitives. Le chômage tirait les salaires vers
le bas. Désormais les patrons sont obligés de mieux rémunérer
les employés qualifiés car ils ne peuvent plus les mettre
en concurrence avec la cohorte de chômeurs qui attendent un emploi.
Le voilier France peut désormais suivre une trajectoire plus directe
d’un port à un autre.
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